Comité Régional Olympique et Sportif Île de France

Un CNDS en peau de chagrin

Source Alexandre TERRINI

On le sait, le budget du Centre National pour le Développement du Sport (CNDS), pour 2018, a été singulièrement rogné. Il est en effet, cette année, de 186 millions d’euros en crédits de paiement et de 153 millions en autorisations d’engagement contre, respectivement, 253 et 261 millions d’euros en 2017. Le tout avec, de surcroît, des conditions de versement drastiques. De quoi inquiéter le mouvement sportif.

Pour sa Présidente, Arielle Piazza, le budget 2018 du CNDS « est un budget qui s’inscrit dans une démarche de solidarité gouvernementale », laquelle impose « de réorienter et de valoriser notre action essentiellement dans l’accompagnement du sport pour tous ». Avec, à la clef, « une plus forte sélectivité des interventions vers les territoires plus fragiles ». Premiers bénéficiaires de ces subsides singulièrement revus à la baisse : les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV) et les zones rurales. Mais aussi et surtout les territoires urbains ultra-carencés. En clair, 375 QPV identifiés en Métropole parmi les QPV n’abritant aucun équipement sportif. Et, parmi eux, 50 qui sont les plus peuplés et les plus carencés en équipements sportifs seront prioritaires. Treize sont implantés en Île-de-France (cf. encadré ci-après).

« Le cœur de métier de l’ensemble du mouvement sportif est ébranlé »

Toujours est-il qu’au total, la part des autorisations d’engagement réservée aux équipements est de 32 millions d’euros pour 2018 et de seulement 5 millions pour les équipements légers de proximité, aidés dans le cadre du plan Héritage Paris 2024. En ce qui concerne ces derniers, ce sont les structures multisports ou dédiées au sport-santé qui auront la primeur. Sachant que désormais, les fonds consacrés aux équipements structurants nationaux (dont les CREPS) sont directement gérés par le ministère des Sports. Quant à la manne réservée aux associations sportives, elle est de 105 millions d’euros, bien loin des 132 millions de 2017, avec, comme critères d’octroi le soutien à l’emploi sportif ou, à défaut, la correction des inégalités d’accès à la pratique, la promotion du sport-santé ou encore, la lutte contre les discriminations, les violences et le harcèlement dans le sport.

Des visées louables mais qui n’occultent pas l’essentiel, en l’occurrence, des moyens insuffisants et un trop grand dirigisme dans leur emploi. « Cette baisse du budget, quelques mois à peine après la désignation de Paris pour accueillir les JO de 2024, est incompréhensible pour moi, dit Évelyne Ciriegi, Présidente du CROS Île-de-France. Nous avons tous œuvré pour obtenir les Jeux et on se retrouve avec une baisse des fonds totalement inattendue et incohérente. Cela n’était pas prévisible, pas plus que les orientations qui président à leur affectation. Celles-ci sont extrêmement ciblées, ce qui limite les possibilités, pour les acteurs du mouvement sportif, d’initier des actions et des investissements qui profitent à l’ensemble de la population. Le développement du sport est très voire trop fléché même si, sur le principe, nous sommes bien évidemment d’accord pour aider les quartiers et les jeunes. Nous aurions souhaité être associés aux orientations et non pas être mis devant le fait accompli. » Là où le bât blesse, c’est que « le cœur de métier de l’ensemble du mouvement sportif mais aussi des clubs est ébranlé dans la mesure où plusieurs initiatives de proximité locale et d’envergure ne peuvent plus être organisées comme à l’accoutumée. Nous sommes interpellés face à l’aide affichée et grandissante pour une pratique libre. Cela peut être en parallèle des actions menées par les clubs où les valeurs portées par le sport encadré sont reconnues. »

Les ligues régionales et les comités départementaux en difficulté

C’est l’ensemble des instances sportives à tous les échelons qui pourraient pâtir d’une telle récession : « La conséquence, pour le CROS Île-de-France, c’est que des ligues régionales et des comités départementaux se trouvent en difficulté et se demandent comment ils vont réussir à pérenniser leurs actions de terrain, d’autant que les contrats aidés ont, eux aussi, été largement diminués. Pour ce qui est des équipements, nous prônons la construction d’équipements de proximité afin que toute l’Île-de-France devienne une région véritablement sportive. Le fait d’accueillir les Jeux va attirer les franciliens, vers une pratique sportive régulière si les investissements d’équipements de proximité et de compétitions sont au rendez-vous. Les Jeux doivent servir à la construction d’un héritage pour la France et en particulier pour l’Île-de-France. Le sport est un acteur essentiel pour un mieux vivre en collectivité et prend toute sa place auprès des franciliens d’aujourd’hui et de demain. »

Les QPV ultra carencés prioritaires en Île-de-France

  • Quartier Anne Frank, Ozoir-la-Ferrière (77).
  • Quartier Mont Saint Martin, Nemours (77).
  • Quartier Les Mezereaux, Melun (77).
  • Quartier Champbenoist, Provins (77).
  • Quartier Merisiers-Plaine De Neauphle, Trappes (78).
  • Quartier Beauregard, Poissy (78).
  • Quartier Merisiers Plaisances, Mantes-la-Ville (78).
  • Quartier Les Hautes Mardelles, Brunoy (91).
  • Quartier La Croix De Vernailles, Étampes (91).
  • Quartier Centre-Ville, Épinay-sur-Seine (93).
  • Quartier Plaine-Landy-Bailly, Saint-Denis (93).
  • Quartier Les Grands Champs, Thiais (94).
  • Quartier Le Moulinard, Osny (95).
2018-06-28T16:25:18+00:00

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