Source Alexandre Terrini

Le Président de la Ligue Île-de-France de handball explique de quelle manière l’instance se mobilise pour promouvoir la féminisation de la discipline en région francilienne.

Quel panorama dresseriez-vous du hand féminin francilien ?

Il se caractérise par un paradoxe entre, d’une part, un pourcentage de licenciées moins important que la moyenne nationale (un peu moins de 35 % contre un peu plus de 40 %) et, d’autre part, en ce qui concerne le haut niveau, le fait qu’un grand nombre d’athlètes à fort potentiel susceptibles d’intégrer les sélections nationales sont issues d’Île-de-France. D’ailleurs, la Direction technique nationale (DTN) considère le pôle espoirs féminin de Chatenay-Malabry quasiment comme un pôle national tant le vivier y est de qualité. Enfin, pour ce qui est du paysage sportif, la région abrite un club majeur, Paris Issy Handball, qui joue chaque saison les premiers rôles en élite. Dans la hiérarchie sportive, le deuxième club est l’Entente Noisy-le-Grand – Gagny qui évolue en D2.

Comment expliquez-vous ce taux de féminisation en deçà de vos attentes ?

Par une offre de pratiques très abondante et donc, forcément, concurrentielle entre les différentes disciplines. En effet, contrairement à ce qu’il se passe province, en Île-de-France, tous les sports sont représentés et bien implantés. Il n’y a qu’à voir, par exemple, le football féminin qui ne cesse de se développer tout comme le rugby. Mais « botter en touche » est insuffisant. Nous devons voir et revoir nos méthodes de recrutement, savoir pourquoi, lors de la rentrée de septembre, quand une dizaine de garçons entrent dans un club, il n’y a que trois ou quatre filles qui suivent la même voie. Mais, en fait, on voit bien que cette interrogation est multidisciplinaire, mises à part quelques activités privilégiées par les féminines comme la gymnastique et l’équitation.

« Nous ne pouvons être qu’incitatifs »

Que faire pour inverser la tendance ?

Nous mettons en place, avec le soutien de la Région et du Centre national pour le développement du sport (CNDS), diverses actions en direction de ce public afin d’améliorer et de renforcer la participation féminine aussi bien sur les parquets qu’au niveau de l’encadrement, qu’il s’agisse d’entraîneures ou des dirigeantes. C’est le cas des Handbassadrices du handball, une action qui consiste à réunir régulièrement des jeunes dirigeantes, officielles ou techniciennes pour leur proposer des formations dans le cadre de stages. Par ailleurs, nous mobilisons les dirigeantes afin d’assurer l’encadrement d’événements que nous organisons en Île-de-France, ce qui est l’occasion pour elles d’acquérir une expérience supplémentaire. En outre, pour attirer de nouvelles pratiquantes, nous nous efforçons d’avoir une politique tarifaire avantageuse des licences à tarif réduit. De même, nous veillons à être présents lors de certaines manifestations, par exemple sous la forme d’ateliers d’initiation au handball dans le cadre de Sport en mixte et de Sport en filles organisés par le CROS Île-de-France. A cet égard, le handball était au programme des trois journées de l’édition Sport en filles qui s’est tenue, du 10 au 12 juillet, sur la base de l’île de loisirs de Vaires-Torcy. Là mais aussi à Saint-Quentin-en-Yvelines et à Cergy-Pontoise, par exemple, des moniteurs accueillent toute la journée des jeunes filles pour leur faire découvrir le hand. L’objectif étant, ensuite, qu’elles franchissent le pas en rejoignant un club.

Justement, les clubs font-ils la part belle aux féminines ?

Il est vrai qu’ils ont tendance à se tourner plus facilement vers le handball masculin. Ce qui nous incite encore plus, au sein de la Ligue, à travailler sur l’encadrement et les structures afin de multiplier le nombre d’entraîneures et de dirigeantes. Mais, en la matière, nous ne pouvons être qu’incitatifs en donnant aux clubs les moyens de se féminiser davantage.

« Nous inscrire dans toutes les actions que le CROS Île-de-France nous propose »

Qu’attendez-vous de l’Euro de handball féminin qui aura lieu cette année en France ?

Comme pour tout grand évènement de ce genre, il s’agit d’un levier au service du développement du handball, en l’occurrence féminin. C’est pour cela qu’avec nos huit comités départementaux, nous mettons en place des évènements périphériques, en particulier en lien avec les fédérations sportives scolaires (USEP, UNSS) et universitaire (FFSU). Nous organisons avec les collèges un championnat réservé aux filles. Il se terminera au début du mois de décembre prochain, pendant les phases finales de l’Euro à l’Accord Arena de Bercy, au Village de l’Euro, soit à la Maison du handball qui ouvrira ses portes début septembre à Créteil, soit au Palais des Sports d’Issy-les-Moulineaux. De même, avons-nous mis en place la première édition d’un championnat féminin réservé aux moins de treize ans. Chaque comité départemental sera ainsi représenté par une ou deux équipes avec, là encore, un dénouement prévu au Village francilien de l’Euro. Enfin, c’est dans ce cadre que nous mettons sur pied un Colloque handballissime, le dimanche 9 décembre, lors duquel nous recevrons une centaine de personnes à la Maison du handball. Sans compter le projet Génération handballissime IDF, avec le CROS, en invitant les représentantes de quarante villes, soit trois-cents personnes, le 31 octobre 2018, au même endroit.

Quelle est la place du CROS Île-de-France dans la politique de la Ligue que vous présidez ?

Nous travaillons régulièrement avec le CROS Île-de-France, en particulier dans le cadre d’opérations comme Sport en filles. Plus largement, nous nous efforçons de nous inscrire dans toutes les actions qu’il nous propose.