Source Jérôme Decourcelles, journaliste

Un thème olympique… Un film La Couleur de la Victoire. Une projection. Un débat.

[C’est l’histoire d’une âme, d’un homme, d’un « noir », d’un « blanc », d’un athlète américain, d’un athlète allemand.]

La projection-débat, organisée par le CROSIF ce mercredi 31 mai 2017, au Centre de Ressources, d’Expertise et Performance Sportives d’Île-de-France Colette-Besson (CREPS-IDF), a réuni une quarantaine de personnes, de l’adolescent à l’adulte, de la personne sportive et bénévole au passionné de cinéma. Accueillies par un cocktail déjeunatoire, le public a pu discuter avec les personnalités présentes, telles Evelyne Ciriegi, Présidente du CROSIF, Michel Godard, Directeur du CREPS-IDF, Yanik Chevalier, Vice-Présidente du CROSIF chargée de la commission Femmes, Jeunes et Sport, Cédric Gosse, de l’UNSS, Secrétaire Général du CROSIF et Inspecteur Pédagogique Régional et des membres du Comité Directeur du CROSIF.

Evelyne Ciriegi profite de cet événement pour souligner le partenariat exemplaire du CROSIF avec le CREPS-IDF, permettant de bénéficier des installations du CREPS « pour le bien-être des sportifs, nombreux dans la région », région classée dernière, à son grand désarroi, concernant les installations sportives.

Pourquoi ce film ? La candidature de Paris 2024 est un « objectif vu et reconnu de tous », mais, à travers ce film, La Couleur de la Victoire, il faut continuer à lutter « contre l’antisémitisme et le racisme pour les jeunes, notre priorité », avec les Comités Départementaux Olympiques et Sportifs (CDOS)

« Liberté, Egalité, Fraternité, ça ne va pas de soi » affirme Evelyne Ciriegi devant le public réuni. Pierre-Alexis Latour, Inspecteur de la jeunesse et des sports à la D.D.C.S. 92, l’approuve en rapportant les témoignages de la jeunesse qu’il côtoie, en réaffirmant qu’il faut « lutter contre les discriminations ».

La Couleur de la Victoire, « ce petit coup de pied qui nous fait réfléchir » dixit Cédric Gosse, animateur du débat d’après-projection, est un film biopic sur

Jesse Owens, petit-fils d’esclave vivant dans une société ségrégationniste, devenu champion olympique dans un stade aux couleurs du nazisme un jour d’été 1936. Réalisé et produit par Stephen Hopkins, ce drame biopic nous offre un Stephen James de grand talent dans le rôle du sprinter aux quatre médailles d’or. Sportif lui-même, Stephen James a dû travailler longuement pour incarner son célèbre personnage, bien au-delà de sa façon si particulière de courir.

La Couleur de la Victoire pose certaines questions qui vont bien au-delà du sport. Par exemple, où en est le respect envers la femme ou encore, tout simplement, le respect vis-à-vis de l’autre ? Des questions parmi tant d’autres qui font que ce film est, aujourd’hui, parmi les ressources pédagogiques utilisées par l’Education Nationale en cycle 3 et 4 (du CM1 à la 3ème).

Dans ce « film intemporel » comme le dit Annie Leroy, membre du Comité Directeur du CROSIF, section Sports sous-marins, « Faire son sport », c’est être « dans un espace de liberté absolue ». Rien ne peut atteindre l’humain à ce moment-là. Nous sommes dans une époque où on parle beaucoup de laïcité. « La laïcité, c’est accepter toutes les religions, l’olympisme, c’est accepter toutes les humanités » entend-on dans le public. Ce film fait parler les coeurs et, peu à peu, les langues se délient. Des jeunes de Lognes, ville de Seine-et-Marne, font part du travail qu’il faut encore. Une habitante de Seine-Saint-Denis déplore l’insécurité qui règne dans son département, pourtant elle assure que, dans les associations, tout le monde s’entend, quelle que soit son origine sociale.

« Si la nature humaine était simple ! » dit Cédric Gosse dans un soupir.

Le public énumère peu à peu les autres « racismes » envers les gays, les habitants des ZEP, les gens de petites tailles, ou encore atteints d’obésité, mais aussi les femmes sportives encore trop peu montrées dans les grands médias.

Le racisme n’a pas lieu d’être sur la planète. Jesse Owens parlait de « race », qui est aussi le titre de la version anglaise, car cela signifie également « course » en anglais. Continuer de courir après le racisme pour qu’il s’arrête est un combat encore d’actualité, hélas. Il y a l’espèce humaine comme l’espèce animale ou végétale. Nous sommes tous des êtres vivants et rien ne vaut l’amitié comme disait Jesse Owens à propos de Luz Long, son ami allemand :

« You could melt all the medals I’ve won, but you could never reproduce the 24-carat friendship that sprang up between me and Luz Long on the platform of Berlin »

« Vous pourriez fondre toutes les médailles que j’ai gagnées, mais vous ne pourriez jamais reproduire l’amitié 24 Carat qui s’est nouée entre moi et Luz Long sur la piste de Berlin ».

Luz Long and Jesse Owens /Lothar Rübelt /sc