Source Alexandre Terrini

Les associations sportives scolaires font œuvre de pédagogie à plus d’un titre : en initiant les élèves à la pratique sportive en compétition mais aussi en les incitant à s’impliquer dans l’organisation et la bonne marche des évènements, sur et en dehors du terrain. 

Faire en sorte que les jeunes pousses ne soient pas uniquement consuméristes mais cultivent le goût des autres et le sens du collectif. Bref, qu’elles sachent autant recevoir que donner. Tel est le credo des associations sportives scolaires. Plusieurs voies existent pour ne pas uniquement penser à soi : devenir officiel (juge, arbitre, chronométreur etc.), coach ou encore, journaliste en herbe.

« La formation des jeunes arbitres est la spécificité de l’Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS), explique Marie-Ange Daffis, Directrice régionale de l’UNSS au sein de l’Académie de Versailles. Pratiquement, 30 % de nos élèves ont ainsi suivi un cursus d’officiel ou de secourisme, voire de jeune reporter. » Autre filière que l’Union est en train de mettre en place : celle de coach. Ces formations sont assurées dans le cadre de manifestations sportives. Pour cela, l’UNSS fournit des outils pédagogiques aux enseignants qui animent les associations sportives de chaque établissement. Les élèves qui le désirent peuvent aller plus loin et étoffer leurs compétences dans le cadre de sessions au niveau départemental puis académique, l’ensemble du cursus se déroulant alors sur plusieurs années. Forts de leur expertise, ceux qui ont choisi la voie de l’arbitrage bénéficient de passerelles dans le cadre d’un système d’équivalences pour officier dans les ligues régionales de leur discipline. Une opportunité qui existe au sein de l’Union Générale Sportive de l’Enseignement Libre (UGSEL). « Pour les élèves, l’intérêt n’est pas seulement de faire du sport, assure Marie-Ange Daffis. L’aspect éducatif motive beaucoup d’entre eux, lesquels s’investissent car on leur propose quelque chose de nouveau qui a du sens, avec du matériel professionnel et en étant encadrés par des gens compétents. Il s’agit de développer leur autonomie. Or, c’est précisément ce que recherchent les jeunes. »

« Des enfants acteurs de ce qu’ils ont vécu »

Résultat : les compétitions sont co-organisées par les élèves. L’UGSEL ne déroge pas à la règle. Dès la cinquième, il est possible de suivre des enseignements à la fois théoriques et pratiques pour devenir officiel dans divers sports (volley, basket, natation, rugby, football, athlétisme, gymnastique). « Cela leur donne le goût de l’encadrement et du bénévolat, assure Sébastien Dufreigne, Directeur du comité de Paris de l’UGSEL. On défend le principe que l’on peut être sportif mais qu’il faut aussi ne pas ignorer les règles, ce qui permet de mieux connaître sa discipline et d’être plus performant. » Sachant que réglementairement, les établissements ont l’obligation de présenter de jeunes officiels quand ils alignent leurs petits camarades à des tournois et des championnats, à l’image, d’ailleurs, de ce qui est souvent imposé aux clubs par les fédérations sportives elles-mêmes. En outre, la perspective des JO de 2024 est une source d’émulation indéniable. « Nos jeunes qui sont aujourd’hui en sixième et en cinquième seront pour la plupart majeurs en 2024, rappelle Sébastien Dufreigne. Ce sont eux que nous allons accompagner. Pour cela, un dispositif a été mis en place avec le ministère de l’Éducation nationale et celui des Sports afin d’avoir un maximum d’officiels lors des Jeux olympique de Paris. »

Et comme la valeur n’attend pas le nombre des années, les bonnes habitudes se prennent dès l’école maternelle et élémentaire. « Au sein de l’Union Sportive de l’Enseignement du Premier degré (USEP), notre particularité est que nous organisons des rencontres sportives associatives, insiste Véronique Moreira, Présidente nationale de l’USEP. Elles comprennent des activités sportives mais aussi des temps associatifs avant et après les compétitions. En amont, les enfants élaborent, conçoivent et participent au projet. C’est l’occasion pour eux d’aborder les questions d’égalité entre filles et garçons, d’inclusion de ceux qui ont des potentiels différents, de répartition des rôles etc. Et, en aval, ils rendent compte de l’évènement sous forme de dessins, de photos et de reportages qui seront intégrés dans la communication de l’école, par exemple en étant mis en ligne sur le site Internet. » En somme, l’USEP entend « créer les conditions pour que les enfants soient, dès le plus jeune âge, acteurs des rencontres sportives et, plus largement, de ce qu’ils ont vécu, résume Véronique Moreira. L’objectif est qu’ils ne soient pas uniquement consommateurs d’une activité. Cela fonctionne parce qu’ils sont réellement partie prenante et qu’ils aiment avoir des responsabilités. Cela les projette dans des rôles d’adulte et leur fait acquérir des compétences. L’idéal est quand cela se poursuit au collège dans la mesure où cet apprentissage du leadership est souvent ce qui incite les filles à continuer d’avoir une activité sportive en cultivant une estime de soi. »

A noter que le fait d’avoir arbitré au niveau national en sport scolaire permet d’avoir au minimum 16/20 à l’épreuve d’éducation physique du baccalauréat, les quatre points restants étant attribués en tout ou partie à l’issue d’un oral.

« Des valeurs similaires de citoyenneté et de prise de responsabilité »

Quelles qu’en soient les motivations, cette mobilisation des uns et des autres répond forcément aux attentes de l’Académie. « On retrouve des valeurs similaires de citoyenneté et de prise de responsabilité entre ce qui est attendu dans le cadre des programmes d’éducation physique et sportive et la formation des élèves qui adhèrent de façon volontaire aux associations sportives scolaires, confirme Bruno Trehet, inspecteur d’académie et Inspecteur pédagogique régional (IPR) d’éducation physique et sportive. Et ce, en faisant en sorte qu’au-delà de la pratique sportive elle-même, des élèves puissent être formés et certifiés dans différentes fonctions. Il s’agit, pour eux, d’avoir des rôles sociaux autour de la pratique sportive. » Et tout le monde a à y gagner : « Cela développe une culture d’établissement et un sentiment d’appartenance à un district et à une académie. Surtout, il y a l’idée que pratiquer au sein de ces associations sportives scolaires et/ou d’y exercer des fonctions incite à terme, quand ce n’est pas déjà fait, les élèves à s’affilier aux fédérations sportives et à leurs clubs pour en devenir dirigeants ou assumer des responsabilités similaires. C’est pourquoi nous sommes très satisfaits de ce qui se fait au sein du sport scolaire car cela crée du lien social et conduit les établissements scolaires à s’intégrer au tissu associatif et à s’ouvrir sur le monde extérieur. »

LEXIQUE :

UNSS : Union Nationale du Sport Scolaire
UGSEL : Union Générale Sportive de l’Enseignement Libre
USEP : Union Sportive de l’Enseignement du Premier degré
IPR : Inspecteur Pédagogique Régional