Source : Alexandre Terrini

Situé dans le XVIe arrondissement de la Capitale, le TCP s’efforce de permettre à ceux qui en ont le potentiel de performer, quel que soit le milieu social dont ils sont issus.

« Depuis une dizaine d’années, nous avons fait le choix de mettre l’accent sur la formation mais également d’accueillir des enfants issus de quartiers plus populaires que ceux de l’ouest parisien. Notre volonté est d’aider ceux qui manifestent une réelle volonté de s’entraîner au TCP pour s’initier à la discipline puis progresser. Plus largement, l’objectif est d’associer le haut niveau, dans le cadre de nos équipes premières qui évoluent toutes au niveau national, et le tennis pour tous. »

Le deuxième volet de cette précieuse équation se matérialise par une école de tennis aux rouages parfaitement huilés. Elle s’adresse aux jeunes de quatre à dix-huit ans membres du TCP… ou pas. Dans ce dernier cas, ils acquittent leur inscription aux cours mais pas la cotisation au club ni le droit d’entrée initial. Un moyen de ne pas exclure des facto des petits d’origine plus modeste, sachant que des facilités de paiement sont également envisageables.

Le double projet, une priorité intangible

Cette structure, forte de plus de 700 enfants et adolescents, a deux ambitions : « faire aimer le tennis aux petits afin qu’ils n’arrêtent pas de le pratiquer mais également détecter les plus prometteurs et les préparer pour qu’ils intègrent le centre de perfectionnement du TCP, lequel comprend 142 pensionnaires », précise Olivier Frappat, directeur sportif du TCP.

Là, dès six ans, ils bénéficient d’entraînements adaptés à leur tranche d’âge et à leur morphologie avec des charges progressives. Le but est de tendre vers la plus grande individualisation possible sur la base de cours collectifs ou personnels qui sont l’occasion d’assimiler les fondamentaux technico-tactiques mais aussi physiques du tennis. Sans compter ce qui a trait à l’hygiène de vie, à la diététique et à la santé de l’athlète, autant de thèmes qui sont l’objet de réunions didactiques périodiques sous l’égide de nutrionnistes, de kinésithérapeutes et de joueurs professionnels. Les plus grands ont la possibilité d’effectuer deux séances quotidiennes, a fortiori quand ils suivent des cours dans les classes à horaires aménagés de l’un des établissements (collèges et lycées) auxquels le TCP est lié dans le cadre d’un partenariat.

Le double projet, scolarité et sportif, est une priorité intangible, les parents étant systématiquement sollicités. Hors de question, en effet, de privilégier les montées au filet au dépend du tableau noir. La chose fait d’ailleurs l’objet d’une charte dûment signée par l’enfant. Un document dans lequel ce dernier s’engage à faire montre de la même assiduité raquette ou stylo en main sous peine de s’exposer à un recadrage et de s’éliminer de lui-même. « La priorité absolue, ce sont les études, insiste Olivier Frappat. Surtout quand on sait combien il est compliqué aujourd’hui de devenir pro sur le circuit. » Dans cette optique, le TCP offre la possibilité à ses membres les plus érudits de poursuivre leur cursus dans des universités américaines et ce, en facilitant leur admission.

Quel que soit leur âge, le TCP entend inculquer à ses jeunes pousses les valeurs de l’olympisme et s’est d’ailleurs fortement mobilisé en faveur de la candidature de Paris pour accueillir les Jeux de 2024.

« Une vraie association avec la Ligue de Paris »

Quant au centre de perfectionnement du TCP, il fonctionne en lien direct avec la Ligue de Paris de tennis. « Il y a une vraie association entre les deux entités. La communication est permanente », se félicite Olivier Frappat. Ainsi, les plannings d’entraînement des meilleurs sont établis en concertation. De même en ce qui concerne leur suivi en compétition, voire leur préparation, lesquels sont assurés à la fois par des cadres du TCP et de la Ligue. Par ailleurs, le club plaide la cause de ses éléments les plus brillants auprès de la Fédération française de tennis (FFT) afin qu’elle subventionne leur entraînement. L’émulation fonctionne donc à plein. Les compétiteurs qui ne font pas partie du haut du panier dans leur catégorie d’âge ont néanmoins la possibilité de continuer à se perfectionner au sein du TCP même s’ils ne bénéficient pas des mêmes opportunités et avantages.

« Nous avons la chance que le club nous mette à disposition des moyens importants, tant financiers et logistiques qu’humains, pour que nous puissions développer le secteur du haut niveau », reconnaît Olivier Frappat. Sachant qu’un soutien matériel et des exonérations peuvent être accordés aux espoirs de la maison qui n’auraient pas forcément les moyens d’acquitter les frais inhérents à la participation à divers tournois aux quatre coins de l’Hexagone.

Ils voudront sans doute marcher sur les traces des fers de lance du TCP, à l’image de Corentin Moutet, récent demi-finaliste à Wimbledon en juniors, de Gilles Simon, Julien Benneteau, Nicolas Mahut, Pauline Parmentier, Stéphanie Foretz ou encore d’Amandine Hesse, tous classés mondialement et qui défendent avec une réelle implication les couleurs du TCP lors des interclubs. Cette année, ces messieurs ont été demi-finalistes du championnat de France quand ces dames, elles, ont fait mieux puisqu’elles se sont parées du titre national par équipes.