Source Alexandre Terrini

Paris accueillait, les 2 et 3 décembre derniers, ce tournoi international de rugby-fauteuil réservé aux féminines pour lequel le CROS Île-de-France était le principal partenaire. A noter la présence d’Evelyne Ciriegi, Présidente et Ryadh Sallem, Vice-Président du CROS Île-de-France, entourés de plusieurs membres du comité directeur (voir photo ci-dessus).  Un rendez-vous qui a été l’occasion de braquer les projecteurs sur cette discipline en plein essor.

La Women’s Cup est une toute jeune compétition. Après deux premières éditions en Allemagne, en 2013 et 2014, la troisième s’était déroulée dans l’Hexagone, en 2015. Cette nouvelle édition avait en point de mire, les Jeux de 2024 que Paris accueillera. C’est dans cette perspective de fraternité et d’universalisme que s’est tenue la 4e Women’s Cup.

Avec un credo : « L’organisation d’un tel événement a pour objectif de valoriser les sportives impliquées dans le cadre de cette discipline, de fédérer les pratiquantes françaises et internationales et d’inciter de nouvelles femmes à découvrir ce sport et les bienfaits qu’il procure sur le long terme. La Women’s Cup se veut également un événement de promotion du rugby fauteuil auprès du grand public et des partenaires », explique Ryadh Sallem, Président de la commission Diversité du CROS Île-de-France et cofondateur de CAP SAAA, association organisatrice de la Women’s Cup avec le soutien de Femix’sports dont l’objet porte exclusivement sur la thématique « femmes et sport ». En somme, ce rendez-vous mondial avait vocation à démontrer avec dynamisme que cette discipline permet d’associer des valeurs fortes : « Si le rugby fauteuil est rugueux, véloce et tactique, s’il a su conquérir et fidéliser son public, il est pleinement ouvert à la mixité et fait la part belle aux sportives de toutes les nations. Sport et féminité, handicap et haut niveau, tel était le programme de cette Women’s Cup 2017 », résume Ryadh Sallem, également athlète paralympique et membre de l’équipe de France de rugby-fauteuil.

« Développer le sport handicap et le sport féminin »

Le budget de cette épreuve, la seule de rugby-fauteuil à être dédiée exclusivement aux femmes est couvert en grande partie par le CROS Île-de-France, la Fédération française handisport (FFH), Malakoff Médéric ou encore, la société Bluelink et la Mairie de Paris, laquelle a également apporté une aide matérielle en mettant à disposition la salle et des moyens humains. Le CROS Île-de-France a en outre « apporté un soutien logistique et humain ainsi que sa notoriété, ce qui nous a permis d’avoir davantage de visibilité et d’attirer un public notoirement plus nombreux que d’habitude avec près de 300 spectateurs. Sachant que la Women’s Cup répond à deux des objectifs du CROS Île-de-France : développer le sport handicap et le sport féminin. Le fait que l’on soit dans la mouvance de Paris 2024 a également été un facteur favorisant », affirme Ryadh Sallem.

Sur le parquet du gymnase Émile Anthoine, dans le XVe arrondissement de la Capitale, la Women’s Cup a été un succès sportif dans la mesure où elle a réuni un nombre jamais atteint de participantes. En l’occurrence, trente d’athlètes issues de quatorze nations différentes et des quatre continents, lesquelles s’étaient inscrites à titre individuel. Et ce, alors qu’à l’origine, ce sport est mixte dans la mesure où il compte encore trop peu de pratiquantes pour constituer, à titre permanent, des formations purement féminines. Les organisateurs ont en outre pris soin de composer de manière homogène les équipes (trois européennes, une américaine, une asiatique-océanienne et, bien sûr, une sélection française) en fonction du niveau, du handicap et du pays de chaque joueuse.

« Le public a manifesté un réel intérêt »

Résultat : l’Asie-Océanie l’a emporté, la France se classant quatrième. « J’ai été bluffé par le niveau général, aussi bien sur le plan technique et tactique que physique. Il y avait du spectacle et du show. Les matchs ont été de grands moments de sport avec un fair-play constant. Les joueuses avaient le sourire, ce qui est de plus en plus rare sur les terrains. Et puis le public a manifesté un réel intérêt en posant des questions pour connaître les règles du rugby fauteuil », se réjouit Ryadh Sallem.

De quoi nourrir légitimement l’espoir que la Fédération internationale de rugby fauteuil (International wheelchair rugby fédération – IWRF), affiliée au Comité international paralympique, reconnaisse pleinement cette manifestation, soit en tant que Coupe du monde officielle, soit en tant que Tournoi international inscrit au calendrier de l’IWRF.

Le rugby fauteuil, quèsaco ?

Le rugby fauteuil, également appelé quad rugby, est une discipline mixte inventée par et pour des personnes tétraplégiques et assimilées (amputées, Infirmité motrice cérébrale – IMC…) en 1977, à Winnipeg, au Canada. Initialement dénommée murder ball, un patronyme pour le moins équivoque et peu adapté à sa philosophie, la discipline a donc été rebaptisée. L’objectif était de proposer un sport d’équipe en fauteuil manuel qui soit alternatif au basket fauteuil et susceptible de s’adresser par des personnes lourdement handicapées. Figurant au programme paralympique depuis les Jeux de Sydney en 2000, il ne cesse de se développer puisqu’il est, à ce jour, présent dans plus de quarante pays.

En compétition, le rugby fauteuil, qui se joue avec un ballon de volley-ball, est en effet exclusivement pratiqué par des sportifs porteurs de handicap au niveau de trois ou quatre membres. Chaque joueur est classifié selon un barème de points (de 0,5 point pour les plus lourdement handicapés à 3,5 points pour les moins handicapés) en fonction de son handicap et de ses capacités. Chaque équipe est composée de quatre membres qui ne peuvent, au total, dépasser 8 points cumulés sur le terrain. Un match comprend quatre quarts-temps de huit minutes.

Le but du jeu consiste, pour chaque équipe, à marquer le plus grand nombre de points, sachant qu’un point est inscrit lorsqu’un(e) joueur(se) en possession de la balle franchit la ligne de but. Tous les contacts entre fauteuils, mais pas physiques sur les athlètes, sont autorisés pour y parvenir à l’exception de ceux destinés à percuter de manière malintentionnée l’arrière du fauteuil adverse.

L’équipe de France a été constituée en 2007 et s’est qualifiée pour les Jeux paralympiques de Londres en 2012 et de Rio en 2016. En 2017, elle a terminé troisième du championnat d’Europe et a décroché son billet pour les prochains championnats du monde qui se dérouleront en Australie, en 2018. Quant à l’équipe de la région Île-de-France, elle a été créée en 2010 et compte parmi ses membres deux joueurs de l’équipe nationale et trois féminines.