Source Alexandre Terrini

La 5e édition des « Trophées Femmes en Or » du CROS Île-de-France s’est tenue le 6 mars, comme le veut désormais la tradition,  à la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) d’Île-de-France. Une soirée destinée à braquer les projecteurs sur des actrices du sport francilien et à récompenser leur investissement, qu’elles soient pratiquantes, officielles, entraîneurs, bénévoles ou dirigeantes.

Hôte de ce rendez-vous, Éric Quenault, Directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) d’Île-de-France, a tenu, en préambule, à saluer « cette très belle initiative qui s’inscrit pleinement dans le cadre de la Journée internationale pour les droits des femmes ». Et de constater que la place des femmes dans le sport est en net progrès. Certes, elle ne pouvait faire que ça quand on se rappelle qu’en 1968, seulement 9 % d’entre elles s’adonnaient à une activité sportive alors qu’elles étaient 87 % en 2010 (contre 91 % des hommes).

Si, sur les terrains et les parquets, la tendance incite à l’optimisme, il n’en va pas de même en coulisses et dans les bureaux. En effet, toujours en 2010, on ne recensait, dans l’Hexagone, que 12 % de ces dames présidentes d’une ligue sportive régionale et 15 % à la tête d’un comité départemental. Ce qui a fait dire à Éric Quenault que « s’il y a du chemin qui a été parcouru, il y en a encore beaucoup à faire pour que l’égalité réelle entre les femmes et les hommes soit atteinte dans le monde sportif. La féminisation des pratiques et des fonctions dirigeantes est l’un de nos objectifs dans le cadre des activités que nous soutenons au niveau de la Direction régionale. » A cet égard, s’est félicité le Directeur de la DRJSCS, les Trophées des femmes en or « contribuent largement à se rapprocher de cet objectif », en l’occurrence que les femmes prennent des responsabilités au sein des instances sportives.

« Montrer que les femmes peuvent s’engager dans la durée »

« Tant qu’il n’y aura pas la parité, nous continuerons cette opération de mise à l’honneur de parcours de femmes qui s’impliquent dans le sport, a renchéri Évelyne Ciriegi, Présidente du CROS Île-de-France. Il est important de pouvoir œuvrer en ce sens tous ensemble car nous avons beaucoup de progrès à faire et à montrer que les femmes peuvent s’engager dans la durée. Le souhait du CROS Île-de-France est d’avoir une vraie diversité. Nous sommes tous portés par le même engagement et la même dynamique. Nous sommes la base et c’est aussi nous qui faisons progresser les fédérations sur ce plan-là. »

Les Gay Games Paris 2018

C’est aussi mû par son souci constant de lutter contre toutes les formes de discrimination que le CROS Île-de-France a fait le choix d’être partenaire des 10es Gay Games, lesquels auront lieu, à Paris et en Île-de-France, du 4 au 12 août prochains, comme l’a précisé, à l’occasion de cette soirée, Pascale Reinteau, coprésidente du comité directeur de Paris 2018. Des Jeux qui sont ouverts à tous, indépendamment du niveau de performance et de l’orientation sexuelle. Seule condition pour concourir : être âgé au minimum de dix-huit ans. 36 disciplines figurent au programme, qu’il s’agisse de sports d’équipe (football, rugby, basket…), d’arts martiaux (judo, karaté…) mais aussi de sports d’hiver comme le patinage artistique et le hockey sur glace ainsi que de disciplines plus confidentielles telles la pétanque ou le softball. Objectif affiché : 15 000 participants, sachant que les inscriptions seront ouvertes jusqu’au 30 juin.

Cet événement, dont le mot d’ordre est « Tous égaux », repose sur trois principes fondateurs ; la participation du plus grand nombre donc ; l’inclusion qui vise à mettre en place les conditions d’accueil de l’ensemble des pratiquants, notamment ceux en situation de handicap ou malades ; enfin, le dépassement de soi, la compétition en tant que telle n’étant pas le critère premier. Ces Gay Games sont « un projet de société », a affirmé Pascale Reinteau en évoquant les valeurs qu’ils véhiculent : diversité, respect, égalité et solidarité. Outre la dimension sportive, cette manifestation se veut aussi culturelle. Dans cette optique, elle est déclinée autour de quatre thèmes : la mémoire, en particulier celle des victimes du Sida ; l’éducation à la différence ; un programme musical avec des chorales et des orchestres et bal ; des activités artistiques avec une exposition d’art contemporain et un festival de cinéma. Sans compter, en amont, du 1er au 3 août, un cycle de conférences sur le sport pour tous qui débouchera sur des recommandations.

« En accueillant les Gay Games, on crée la rencontre »

Un projet que l’équipe organisatrice, composée de bénévoles, mène avec l’aide de partenaires privés mais aussi publics. « Depuis la phase de candidature, nous sommes accompagnés par les institutions et le mouvement sportif. Certaines fédérations nous aident avec la mise à disposition d’officiels et de matériel, a détaillé Pascale Reinteau. Au niveau de l’État, nous sommes soutenus par les ministères des Sports, de la Culture et de la Santé, ainsi que par la Ville de Paris et la Région Île-de-France. Par ailleurs, nous avons noué des partenariats avec diverses instances, dont le CROS Île-de-France, pour faire connaître l’événement et faire en sorte qu’il soit véritablement participatif. »

A noter que l’un des parrains de ces Gay Games est Ryadh Sallem, vice-Président du CROS Île-de-France en charge de la Diversité. Il s’en est expliqué : « Nous avons des valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité. Ce sont des mots que l’on doit faire exister en sincérité. Dans nos mouvements, la différence est là et, parfois, on la discrimine. Il faut convaincre le mouvement sportif qu’il est important que la différence soit respectée. Or, on a tendance, dans notre pays, à mettre les gens dans des cases, lesquelles deviennent des prisons psychologiques et émotionnelles. Le sport a une responsabilité car le sport, c’est le physique, l’engagement et l’amitié. Il porte un ensemble de valeurs que l’on doit matérialiser. En accueillant les Gay Games, on crée la rencontre et l’on fait évoluer les mentalités et les regards. »

Remise des prix des ‘Trophées Femmes en Or’

Avant de terminer la soirée par un moment de convivialité, nombreuses furent les femmes honorées ce soir-là comme en témoigne la liste ci-dessous :

  • Sandra BERGER, Montagne Escalade
  • Marie BOISSEAU, Handisport
  • Anne de BOURNONVILLE, CROSIF
  • Dominique BRET, Course d’Orientation
  • Denise CRUETTE, Vol en planeur
  • Caroline CUVIER, Comité Paris Tennis
  • Chantal DEVILLARD, Basketball
  • Laurence DUVAL-DESTIN, Ligue Escrime Paris
  • Mariane GRUEL, Rugby
  • Elisabeth KARIOTAKIS, Rugby
  • France LANTUIT-BAILLY-SALINS, Equitation
  • Laura LEFEVRE, Judo
  • Morgane LEMAITRE, Sport Universitaire
  • Lise MARTIN, Natation
  • Christine PINCE, Handisport
  • Evelyne POIRRIER, FCD
  • Monique REMOND, CROSIF
  • Cécile RONGET, Badminton
  • Stéphanie VIGIER, Canoe-Kayak
  • Denise VILLA, Tir
  • Patricia ZUGER, Athlétisme