Source : Alexandre TERRINI

La pratique régulière d’une activité physique ou sportive a été identifiée, depuis de nombreuses années, comme un impératif de santé publique, qu’il s’agisse de prévention, de conserver un état de santé optimal mais également de se rétablir après avoir été soigné pour une pathologie. C’est pourquoi le CROSIF promeut sans relâche les vertus sanitaires du sport.

Le CROSIF représente 21 000 clubs et plus de 80 disciplines. Un bataillon de taille qui l’incite à ne négliger aucun des aspects de la politique sportive. Parmi eux, le sport-santé « qui est un objectif très important, sachant qu’en Île-de-France, environ 2 millions de personnes sont atteintes de maladies chroniques et placées en Affection longue durée (ALD). Pour elles, l’activité physique fait partie du traitement et peut même faire l’objet d’une prescription médicale. Plus largement, ce sont les 12 millions de Franciliens qui devraient avoir une activité physique. Il en va de leur qualité de vie », insiste le Docteur Gilbert Pérès, médecin du CROSIF et ancien chef du service de physiologie et de médecine du sport au CHU Pitié-Salpêtrière. L’enjeu est tel que la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a récemment rappelé, lors de la présentation de la Stratégie nationale de santé (SNS), que l’activité physique est l’un des déterminants qui favorisent la prévention. De son côté, le ministère des Sports inclut systématiquement le développement du sport-santé dans les conventions d’objectifs qui le lient aux différentes fédérations sportives. La Loi de santé 2016 et son décret d’application du 30 décembre 2016 ainsi que l’instruction ministérielle du 3 mars 2017 ont achevé d’enfoncer le clou et d’institutionnaliser le sport-santé.

« Il ne s’agit pas simplement de faire bouger les gens »

Dans ce contexte, le CROSIF a mis en place un plan d’action afin que 10 % des clubs franciliens soient référencés sport-santé via le site Internet www.lasanteparlesport.fr . A ce jour, on en compte déjà 600 et l’objectif est de franchir le seuil des 2 000. Cette démarche déclarative, qui n’est pas une labellisation, signifie qu’ils sont en mesure d’accueillir des adhérents pour lesquels l’activité physique fait partie de leurs parcours de santé, voire de soins, soit parce qu’ils ont été touchés par une maladie, soit parce qu’ils encourent le risque d’en contracter certaines. Il convient donc que la structure soit en mesure de prendre en charge ces patients, qui, parfois, étaient jusque-là sédentaires, c’est-à-dire de les entraîner de manière organisée et adaptée à leurs besoins et à leur état physique. « Il ne s’agit pas simplement de faire bouger les gens mais bel et bien de leur proposer des séances qui varient selon la spécificité de leur maladie chronique et, surtout, leurs attentes et leur motivation, souvent à renforcer, prévient le Docteur Pérès. Certaines pathologies demandent de mettre l’accent sur l’endurance, d’autres sur la musculation ou encore sur la souplesse, l’équilibre et la coordination gestuelle, voire, le plus souvent, sur plusieurs facteurs associés. Dans ce genre de situation, on a trop tendance à réduire l’activité physique à de la marche alors que ses modalités sont extrêmement diverses. »

Pour être pleinement intégré au parcours de soins, il est nécessaire que le club possède un ou plusieurs encadrants aux compétences avérées dans le domaine du sport-santé. Il peut s’agir d’enseignants en Activités physiques adaptées (« STAPS-APA ») ou de techniciens titulaires du Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS) ou du Diplôme d’État de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (DEJEPS). Dans ce cas, ils doivent avoir suivi une formation complémentaire spécifique au sport-santé, laquelle est, en Île-de-France, labellisée par la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) et notamment dispensée par le CROSIF ou les CDOS, sous l’égide du CROSIF.

« Un cahier des charges qui permet de faire le tour des compétences requises »

« Elle obéit à un cahier des charges précis qui permet de faire le tour des connaissances et des compétences requises pour encadrer ce type de public », précise le Docteur Pérès. En effet, ce cursus se décline en deux volets (lire encadré ci-dessous). Le niveau 1 habilite à prendre en charge des pratiquants porteurs de facteurs de risque de maladie ou dont la pathologie est débutante tandis que le niveau 2 concerne le suivi de malades pas trop sévères, les plus lourds relevant des enseignants APA ou des professionnels de santé (kinésithérapeutes…). Par ailleurs, le CROSIF propose, tout au long de l’année, une demi-douzaine de journées de formation, chacune portant sur une thématique particulière consacrée à l’activité physique et à la diététique (grossesse, personnes âgées, obésité, cancer etc.). L’occasion de valider et de compléter ses connaissances sur un sujet précis. A noter que tous ces modules donnent lieu à la délivrance d’une attestation dont peut se prévaloir son détenteur.

Enfin, dans le cadre de manifestations qu’il organise comme Sport en Filles ou Sport en Mixte, le CROSIF dispense aux jeunes des rudiments en matière de sport-santé afin de leur inculquer quelques notions essentielles et de les aider à mieux se connaître grâce à la mesure d’indicateurs de santé et d’aptitudes physiologiques, énergétiques et motrices. Le tout afin de les inciter à adopter une hygiène de vie (alimentation, sommeil, activité physique…) qui préserve leur santé et… à faire du sport.

Un leitmotiv qui s’applique au demeurant à l’ensemble de la population francilienne. A cet égard, l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, à Paris, en 2024, constituera, à n’en pas douter, un levier incontournable pour amplifier la place du sport dans la société française et inscrire un peu plus encore le sport-santé au registre des bonnes pratiques incontournables.

La formation pour être référencé sport-santé

Les inscriptions sont ouvertes aux personnes déjà titulaires d’un diplôme dans le domaine du sport. C’est le CROSIF qui effectue la sélection sur dossier.

Niveau 1, délivré par les CDOS et le CROSIF

Dans un premier temps, le candidat reçoit par Internet des documents qu’il étudie chez lui afin de se familiariser avec les contenus pédagogiques. Il doit ensuite se soumettre à un contrôle des connaissances destiné à vérifier que les différentes notions ont bien été assimilées. Puis, il suit deux jours de formation, lesquels peuvent être consécutifs ou pas. Lors de cette quinzaine d’heures en présentiel, il révise ce qu’il a préalablement appris à distance et met en pratique ces nouveaux acquis dans le cadre d’ateliers. Et ce, afin d’être à même d’organiser et d’encadrer une activité sport-santé pour des patients légèrement atteints. Un jury s’assure, par le biais d’un travail écrit sous forme de cas pratique, de leur aptitude à encadrer.

Niveau 2, délivré par le CROSIF

Là encore, après un envoi de documents par Internet ponctué d’un contrôle de connaissances, le candidat doit suivre cinq jours de formation présentielle à raison d’un par mois. Il est alors confronté à différents types de prise en charge afin d’être en mesure de programmer des séances spécifiques (pathologies de l’appareil locomoteur ou du système nerveux, maladies cardiovasculaires et pulmonaires, cancers, obésité, troubles musculo-squelettiques…). A l’issue de ces cinq journées, il fait l’objet d’une évaluation sous forme d’un projet rédigé pour faire montre de sa capacité à créer une activité sport-santé dans son club pour prendre en charge des patients.

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