Dans le prolongement du Plan national de prévention du dopage et des conduites dopantes 2020-2024, le ministère des Sports a récemment publié un Guide d’accompagnement des politiques fédérales de prévention du dopage et des conduites dopantes. Deux documents qui ne font pas uniquement la part belle au sport d’élite mais également à la pratique de masse, également concernée par ces dérives que combat inlassablement le CROS Île-de-France.

L’axe 2 du Plan vise à prévenir le dopage et les conduites dopantes auprès des sportifs et pratiquants d’activités physiques et sportives. Un panel qui inclut donc les anonymes et non pas uniquement les athlètes de haut niveau ou ceux appelés à le devenir. Ce que confirme l’objectif 5 de cet axe qui insiste sur la nécessité de sensibiliser le grand public aux enjeux de santé et d’éthique liés au dopage ainsi qu’aux risques inhérents aux conduites dopantes.

Plan national de prévention du dopage et des conduites dopantes
Guide d’accompagnement des politiques fédérales de prévention du dopage

Insister sur la prévention

A cet égard, « la perspective des Jeux olympiques et paralympiques à Paris en 2024 constitue une occasion unique » de faire œuvre de pédagogie en la matière, assure le ministère des Sports qui suggère, d’une part, d’associer autant que possible des actions de prévention aux évènements programmés autour de l’organisation des Jeux et, d’autre part, de travailler avec les fédérations pour diffuser des messages de prévention lors de l’organisation de grandes compétitions nationales ou internationales organisées en France.

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Éviter le dopage accidentel

L’une des causes du dopage accidentel est la consommation de compléments alimentaires dont la composition ne répond pas, à l’insu de celui qui les ingère, aux exigences la législation relative aux substances dopantes. D’où l’obligation de favoriser une normalisation européenne des compléments alimentaires et des aliments pour sportifs. En somme, de parvenir à une totale comptabilité entre deux textes ; d’un côté, la norme AFNOR NF V 94-001, publiée en 2012 sous l’égide du ministère des Sports, qui garantit aux sportifs qui consomment des denrées et des complémentaires alimentaires une fabrication sans substance dopante ; de l’autre, la norme européenne EN 17444 visant à prévenir la présence de substances interdites dans les denrées alimentaires destinées aux sportifs et les compléments alimentaires.

Mais ce n’est pas tout : outre le fait de faire en sorte que les fabricants s’approprient les normes, il convient de créer, en particulier à l’intention du grand public, un répertoire actualisé des produits conformes aux dites normes. Il serait accessible sur le site Internet du ministère et aurait vocation à être diffusé via différents canaux.

Labelliser les salles de remise en forme

« La consommation de substances à des buts de performance touche désormais l’ensemble des publics : sportifs professionnels, amateurs et même les pratiquants non licenciés qui ne participent pas à des compétitions. Ces pratiquants, volontairement ou non, peuvent être exposés à des conduites dopantes potentiellement nocives pour la santé, et particulièrement dans certaines infrastructures peu soucieuses de l’éthique sportive. » Le bilan fait par le ministère pointe, en creux, certaines des failles du sport non encadré…

D’où l’idée, pour y remédier, de labelliser ce type de salles. Une manière de garantir aux pratiquants l’accès à des structures respectant les règles en matière d’entraînement et de nutrition. Et ce, tout en proposant, là encore, une sensibilisation aux risques du dopage et à la consommation de compléments alimentaires. Ce label de qualité serait octroyé aux salles de remise en forme (fitness, musculation…) qui en feraient la demande après s’être engagées à s’en tenir à un cahier des charges fixé préalablement.

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L’école, un lieu d’éducation

Pourquoi sensibiliser les enseignants et les jeunes scolarisés à la question du dopage ? Parce que « les jeunes pratiquants d’activités physiques et sportives – collégiens ou lycéens – peuvent être tentés de recourir à des substances (médicaments, boissons énergisantes…) pour modifier leur apparence physique (perte de poids ou augmentation de la masse musculaire). Ces pratiques, assimilables dans certains cas à des conduites dopantes, peuvent avoir des conséquences sur leur santé », répond le ministère des Sports.

Outre des enseignements sur le sujet, le Gouvernement souhaite que des contrôles antidopage soient réalisés auprès d’élèves peu au fait de cette réalité et de ses conséquences potentielles, notamment à l’occasion de la préparation des championnats scolaires (UNSS). Cela implique, en amont, de former les divers encadrants  – les cadres et les coordonnateurs de districts de UNSS ainsi que les enseignants d’EPS de collèges et de lycées volontaires – à ces problématiques selon un référentiel élaboré au niveau national sous la forme d’initiatives en partenariat avec l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) par exemple.

Les parents ont un rôle à jouer

Parce que l’entourage familial et, en premier lieu, les parents des sportifs jouent un rôle déterminant dans la prévention du dopage, ils doivent être « sensibilisés à cette problématique afin de contribuer à la responsabilisation de leurs enfants », recommande le ministère des Sports. Comment ? En organisant des réunions dans les structures d’État (Insep, fédérations, Creps, pôles espoirs, clubs) mais également en créant un support thématique à l’intention des parents afin de les avertir des dangers de l’automédication ; de leur rappeler la vigilance requise à propos de la pharmacie familiale ; de préciser leur rôle auprès de leur(s) enfant(s) en matière de prévention du dopage ; enfin, de lister les personnes ressources et les sources d’information auxquelles ils peuvent se fier.

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Une indispensable territorialisation

Dans un souci d’efficience, la politique de prévention du dopage devra être mise en œuvre au plus près des publics cibles. Concrètement, cela signifie, pour les services déconcentrés au niveau régional, d’élaborer une stratégie impliquant les différents acteurs du sport sur chaque territoire. Le tout dans le cadre d’un dialogue entre la Direction des Sports et les services déconcentrés du ministère.

Pour que ces stratégies ne soient pas des coquilles vides, il sera indispensable, au préalable, de :

  • Clarifier des compétences et des rôles des différents réseaux intervenant dans ce domaine (Antennes médicales de prévention du dopage (AMPD), Médecins conseillers régionaux (MCR), Conseillers interrégionaux antidopage (CIRAD)) ;
  • Préciser les modalités d’association des acteurs de terrain dans chaque territoire, qu’il s’agisse des fédérations, des CROS, des CDOS et autres CTOS, des ligues et des comités régionaux ;
  • Définir des objectifs chiffrés en termes d’actions de prévention auprès des différents publics.

Une mobilisation à laquelle prendra pleinement part le CROS Île-de-France.

Alexandre Terrini