Comme chaque année, l’Institut régional de développement du sport (IRDS) s’est livré à un précieux exercice : quantifier, pour mieux le caractériser, le sport francilien. C’est tout l’objet de l’édition 2020 des « Chiffres clés du sport en Île-de-France ». Synthèse.

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Une région sportive

Premier constat, l’Île-de-France est une région plutôt sportive puisque 60% de ses ressortissants âgés de 18-75 ans s’adonnent à une activité physique au moins une heure par semaine. Si, globalement, la parité prévaut en la matière pour ce qui est du genre (hommes-femmes), ce n’est pas le cas pour l’origine sociale des pratiquants, lesquels sont en majorité (62%) des cadres et des professions intermédiaires, et non des employés ou des ouvriers (38%).

Un constat qui n’a rien d’étonnant dans la mesure où le premier frein identifié à la pratique est son coût jugé trop élevé suivi des contraintes familiales et professionnelles.

Le sport de plus en plus perçu comme un loisir bénéfique

Plus largement, le sport est de plus en plus perçu comme un loisir bénéfique. En attestent les motivations premières de ceux qui s’y adonnent. A savoir la santé, la détente, se défouler et oublier ses problèmes ou encore, le plaisir et l’amusement. En revanche, se surpasser, la performance, les sensations fortes et la compétition sont des finalités qui ne concernent qu’une minorité et sont donc nettement moins citées. Logiquement, les activités les plus prisées sont celles qui permettent de satisfaire ces objectifs les plus prégnants. En l’occurrence, le fitness, la course à pied, la marche, la natation et la musculation.

La pratique non encadrée prépondérante chez les adultes

La conjonction de ces paramètres explique, hélas, que la pratique non encadrée soit prépondérante (41%) chez les adultes. Elle devance la pratique encadrée en club (26%) et celle encadrée hors club (12%). Ce qui n’empêche pas la région d’abriter 19 800 clubs dont l’effectif moyen est de 124 licenciés. Au total, on recense, sur le territoire francilien, 2,4 millions de licences (397 800 dans les Yvelines contre 231 000 en Seine-Saint-Denis ) dont 38% détenues par des femmes et 178 000 contractées dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), dont 62 300 dans ceux de Seine-Saint-Denis.

Des chiffres qui confortent la politique du CROS Île-de-France, lequel, dans le sillage du CNOSF, ne cesse de promouvoir, sur l’ensemble du territoire le sport fédéré en club, gage de qualité dans l’enseignement des disciplines elles-mêmes et de diffusion des valeurs concomitantes au sport (civisme, fair-play, respect de l’autre et de la réglementation etc.)

Les disciplines olympiques plébiscitées

Pour ce qui est du public licencié, celui-ci se concentre avant tout au sein des Fédérations unisports Olympiques (1 510 000 licences dont 60% sont détenues par des moins de 20 ans) Celles-ci devancent le sport scolaire (410 000 licences), les Fédérations multisports (310 000 licences) et les Fédérations unisports non Olympiques (215 000 licences). À noter que dans les QPV, comme c’est le cas depuis plusieurs années, les sports collectifs (football, basket-ball, handball…) et de combat (judo, karaté…) ont le vent en poupe et sont surreprésentés.

Une parité en trompe-l’œil, l’handisport à la traîne

« Peu de disciplines offrent une pratique équilibrée entre hommes et femmes », note l’IRDS. En effet, seuls l’équitation, la gymnastique, la natation, les sports de glace et le roller comptent autant, voire plus d’adeptes féminins que masculins.

Par ailleurs, seulement 6 570 licences (3 340 licences handisport, 3 230 licences sport adapté) ont été recensées dans les clubs spécialisés dans la pratique des personnes handicapées.

Des équipements diversifiés mais insuffisants

En valeur absolue, l’Île-de-France compte de nombreux équipements sportifs mais en valeur relative, c’est-à-dire en proportion de la quantité de population qui y vit, elle figure en queue de peloton des régions métropolitaines. Au point, parfois, d’être en nombre insuffisant pour accueillir tous ceux qui voudraient y avoir accès. De manière générale, ce sont les zones (très) peu denses et les zones intermédiaires qui sont les moins dotées, les zones denses et les QPV l’étant davantage. Un constat qui vaut pour la plupart des types d’infrastructures (salles multisports, équipements de grands jeux, équipements d’activités de forme et de santé, salles de sports de combat, équipements d’athlétisme, piscines, équipements de sports de raquettes…). Avec, toutefois, quelques modulations pour des équipements qui nécessitent de la place ou relatifs à des disciplines peu en vogue dans certaines zones. Ainsi, les équipements équestres ou les boulodromes sont-ils moins fréquents dans les zones denses et dans les QPV.

En revanche, l’espace régional est un terrain de prédilection pour les tenants des activités sportives de pleine nature. Pour cela, ils peuvent arpenter les 2 120 kilomètres de chemins mixtes ou de voies vertes permettant la pratique du vélo, les 7 510 kilomètres de chemins de randonnée, les 99 960 hectares de bois et de forêts ouverts au public ou les 1 140 kilomètres de voies autorisées à la navigation. A cela s’ajoutent 12 îles de loisirs, bien connues du Cros Île-de France qui y organise de nombreuses manifestations telles Sports En…, 578 parcs et jardins et, surtout, 1 024 sites dédiés notamment à la pratique du sport de nature (équitation, golf, escalade, accrobranche…).

Un écosystème qui pèse

L’importance des effectifs en Île-de-France a comme corollaires un nombre important d’acteurs ainsi qu’un poids économique du secteur loin d’être négligeable. Les chiffres en attestent. En effet, le sport en Île-de-France, c’est :

  • Plus de 91 000 emplois dont 46 100 en amont de la pratique (vente d’articles de sport, fabrication et commercialisation de biens sportifs…) et 45 400 emplois affectés à l’organisation des pratiques sportives (éducateurs sportifs, professeurs d’EPS…).
  • 33 900 entités dont 49 % sont des clubs de sport, 29% des structures dédiées à l’enseignement des disciplines sportives et à la formation, 5,6% des commerces de détail d’articles de sport et des magasins spécialisés ou encore, 4,4% qui sont des sociétés privées de gestion d’installations sportives.
  • Entre 300 000 et 450 000 bénévoles dans les associations.

Une vitrine objet de toutes les attentions

La masse et l’élite : la Région n’ignore pas que les deux se complètent et se nourrissent. C’est pourquoi l’Île-de-France – qui accueille 962 sportifs de haut niveau, 825 espoirs et 480 collectifs nationaux et autres partenaires d’entraînement – soutient 38 clubs d’excellence (5 élite féminins et 33 premium féminins et masculins).

Par ailleurs, toujours soucieuse de faire œuvre de pédagogie, elle apporte une aide financière à 95 athlètes de haut niveau (70 Olympiques et 25 Paralympiques) qui transmettent les valeurs de l’Olympisme et du Paralympisme aux lycéens et aux apprentis d’Île-de-France. Pour que l’héritage de Pierre de Coubertin continue de traverser les siècles.

Alexandre Terrini