Source Ministère chargé des Sports

La ministre chargée des Sports, Roxana Maracineanu, a présenté, ce vendredi 18 février à l’INSEP, en présence de nombreuses sportives et des acteurs du monde du sport et notamment Brigitte Henriques, présidente du CNOSF, d’experts et de professionnels de santé, le guide « Sport de haut niveau et maternité, c’est possible ».

Les sportives de haut niveau et professionnelles sont de plus en plus nombreuses à faire le choix d’avoir un ou plusieurs enfants au cours de leur carrière. Aujourd’hui, les mamans championnes ne font plus vraiment figures d’exception. Pour autant, la maternité reste un sujet peu abordé voire « tabou » dans le sport de haut niveau. Une enquête « Sport de Haut Niveau et Maternité » menée par un groupe de travail associé au ministère chargé des Sports confirme que la majorité des sportives interrogées (61,6%) pense qu’il est toujours difficile de devenir mère pendant la carrière sportive.

Des freins persistent à la décision de maternité : crainte d’altérations des performances, d’un manque de soutien de l’encadrement technique qui priorise les enjeux de performance, crainte de la sportive d’une « rupture » avec son environnement sportif, voire de la perception d’abandon des coéquipières dans les sports collectifs. Ces incertitudes amènent la sportive de haut niveau ou professionnelle à différer le désir d’enfant avec un risque d’infertilité lié à l’âge ou aux perturbations du cycle.

Dans ce contexte, la ministre chargée des sports, Roxana Maracineanu, souhaite encourager et mieux accompagner les sportives dans leur choix de devenir maman qui s’inscrit de plus en plus souvent en cours de carrière et ne correspond plus à une retraite sportive.

Piloté par la direction des Sports en lien avec des experts – professionnels de santé – juristes – sociologues – chercheurs, etc.. et nourri par de nombreux témoignages, le guide « Sport de haut niveau et maternité, c’est possible », qui a été présenté ce vendredi 18 février à l’INSEP, recense une multitude d’informations pratiques et de conseils précieux sur la manière d’adapter son entrainement et sa nutrition, appréhender les modifications anatomiques, psychologiques et physiologiques induites par la grossesse, se faire accompagner dans les démarches administratives liées à l’arrivée d’un enfant ou encore connaître ses droits.

Dédié aux sportives qui envisagent de devenir mère, cet ouvrage est aussi destiné à leur encadrement, leur famille, leur club, leur fédération et leurs partenaires. Il leur permettra de mieux cerner les enjeux d’un projet de maternité pendant la carrière sportive et les moyens d’en tirer le maximum de bénéfices pour le bien-être personnel de l’athlète, sa motivation et sa compétitivité dans la durée.

Télécharger le guide « Sport de haut niveau et maternité, c’est possible »

« Ce guide est un outil précieux pour permettre aux athlètes qui désirent devenir mamans d’être accompagnées dans ce chemin de la maternité. Il a vocation à éclairer leur choix et à faire en sorte qu’elles vivent sereinement ce moment clé de l’existence. Il a surtout vocation à démontrer que la performance sportive et la maternité sont compatibles. Pour peu qu’on soit accompagnées. Et c’est aussi pour cela que je défends la parité dans les instances dirigeantes des fédérations. Pour prendre en compte la spécificité des sportives. Mais au-delà, ce guide montre qu’on peut en ressortir plus forte, plus sereine. Que la performance peut se nourrir, doit se nourrir de l’épanouissement personnel. Les athlètes féminines ont le droit de s’accorder une maternité. Et personne ne doit les en empêcher. »

Roxana Maracineanu, ministre chargée des Sports

« C’est un pas important qui est franchi aujourd’hui avec la parution de ce guide. Pour ma part, j’ai eu la chance, lors de mes grossesses, d’être bien entourée et bien accompagnée, notamment par Carole Maitre (gynécologue de l’INSEP). Mais j’avais malgré tout de nombreuses craintes, je me posais beaucoup de questions et j’entendais à l’époque encore ces discours négatifs sur le fait d’avoir un enfant en cours de carrière, que je ne retrouverais peut-être jamais mon meilleur niveau, etc. Ces discours ont certes, un peu, évolué depuis, mais de telles initiatives vont contribuer à rendre les sportives plus sereines et elles pourront aller au bout de leur aventure sportive et de femme avec moins d’appréhensions. »

Sarah Ourahmoune, Vice-championne olympique de boxe, vice-présidente du CNOSF et de la FFB

« Encore aujourd’hui, je ne peux cacher une certaine fierté d’avoir pu décrocher une médaille olympique alors que j’étais enceinte de 16 semaines à l’époque. Mon corps se transformait, je ressentais des douleurs musculaires et ligamentaires, mais cela ne m’a pas empêchée d’être performante pour aider mes coéquipières à remporter cette médaille. J’ai réalisé à quel point on manquait néanmoins d’informations pour bien appréhender cette période si importante et ce guide va ouvrir de nouvelles portes à toutes ces athlètes qui ont le désir de devenir maman et qui vont pouvoir mettre en œuvre ce beau projet. »

Valériane Ayayi Vukosavljević, Médaillée olympique de basket-ball à Tokyo

« Les championnes qui sont devenues mamans ont vraiment montré la voie. Leurs témoignages, leur partage d’expérience sont d’une richesse et d’une puissance incroyables pour toutes les sportives qui ont également ce projet ou qui attendent leur premier enfant. Et ce guide a une valeur inestimable. Il apporte non seulement des conseils mais il démontre aussi qu’avec un programme adapté et surtout du bon sens, la maternité est une belle aventure pour une sportive de haut niveau. »

Cécilia Berder, Vice-championne olympique d’escrime

« Pour une sportive de haut niveau, la maternité peut sembler un challenge très compliqué. Mais oui, c’est possible. Il faut s’inspirer de tous ces exemples de sportives devenues mamans et qui ont réussi leur retour au plus haut niveau. J’aurais aimé avoir un tel guide lors de ma première grossesse, car je me posais beaucoup de questions. Le handball a montré la voie avec la Convention Collective des joueuses professionnelles de Handball qui permet notamment le maintien du salaire pour une durée totale de 12 mois d’arrêt de travail y compris pendant la grossesse et j’espère que nous serons un exemple pour les autres fédérations. »

Cléopâtre Darleux, Championne olympique de handball à Tokyo

« Je suis vraiment heureuse d’avoir pu contribuer à ce guide et j’aurais vraiment aimé l’avoir entre les mains à l’époque où je suis moi-même tombée enceinte. J’espère qu’il va aider de nombreuses sportives et qu’elles n’auront pas à traverser ce que j’ai traversé de mon côté. Quand j’ai annoncé ma grossesse, j’ai vu et entendu beaucoup de réactions négatives, et pas seulement dans le monde du sport. Autour de moi, c’était clair : ma vie et ma carrière étaient finies. Cette période a été très difficile à vivre, j’ai dû cacher ma grossesse pendant de longs mois, j’étais perdue, je me sentais très seule. Et même après l’accouchement, je ne savais pas si j’allais à nouveau être performante, retrouver mon meilleur niveau. J’y suis allée par étapes et je suis revenue ! »

Dora Tchakounté, Quatrième aux Jeux Olympiques de Tokyo en haltérophilie

©Ministère chargé des Sports