
@CROS Île-de-France
Le 17 juin 2026, le Conseil d’État accueillait un colloque d’envergure consacré aux vingt ans du Code du sport. Organisé conjointement par le Centre de droit et d’économie du sport (CDES), le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), le Conseil d’État et la Cour de cassation, cet événement a réuni de nombreux acteurs du monde juridique, institutionnel et sportif afin d’interroger les liens entre le sport et la loi vingt ans après la codification du droit sportif français.
Le CROS Île-de-France était présent pour suivre cette journée d’échanges et de réflexion, particulièrement riche en enseignements pour l’ensemble du mouvement sportif. Dans un contexte où les enjeux de gouvernance, de responsabilité et de régulation occupent une place croissante dans la vie des fédérations, ligues, comités et clubs, ce colloque a permis de prendre du recul sur l’évolution du cadre juridique qui accompagne le développement du sport en France avec une belle ouverture conjointe entre Monsieur Marc Guillaume, Vice-Président du Conseil d’Etat et Amélie Oudéa Castera, Présidente du CNOSF.
Vingt ans de Code du sport : quel bilan ?
Adopté par ordonnance le 23 mai 2006, le Code du sport avait pour ambition de rassembler dans un ensemble cohérent les différentes dispositions législatives relatives au sport. Vingt ans plus tard, la question demeure d’actualité : la loi constitue-t-elle toujours l’outil le plus adapté pour répondre aux défis du mouvement sportif ? Tout au long de la journée, les intervenants ont analysé la manière dont le droit sportif s’est construit au fil des réformes successives, entre nécessité de protéger les pratiquants, encadrement des compétitions, lutte contre le dopage, organisation des grands événements sportifs et respect de l’autonomie du mouvement sportif.
Les échanges ont permis de croiser les regards d’anciens responsables ministériels, de juristes et de spécialistes du droit. Les interventions de Marie-George Buffet, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, et de Cyril Mourin, ancien conseiller sport à l’Élysée, ont notamment apporté un éclairage concret sur les réalités politiques qui accompagnent la construction de la norme sportive. Thierry Braillard, ancien Secrétaire d’Etat et avocat a évoqué l’importance de la notion d’éthique.
Après plusieurs interventions portant sur le contrôle constitutionnel et le suivi parlementaire des textes, une table ronde a réuni des représentants aux profils complémentaires : responsables fédéraux, juristes, ancien membre du Gouvernement et sportif de haut niveau animée par Constance Popineau, directrice juridique du CNOSF.
Les échanges ont souligné un constat partagé : entre la loi telle qu’elle est conçue et sa mise en œuvre concrète sur le terrain, des écarts peuvent parfois apparaître. Les réalités vécues par les clubs, les bénévoles, les dirigeants, les fédérations ou encore les athlètes rappellent l’importance d’une réglementation à la fois protectrice, compréhensible et applicable.
La présence du champion olympique d’aviron Pierre Houin a notamment permis de replacer les sportifs au cœur de la réflexion, en rappelant que les dispositifs législatifs ont avant tout vocation à garantir la sécurité, les droits et l’accompagnement des pratiquants.
La conclusion par Skander Karaa, notamment pour le Centre de droit et d’économie du sport a permis d’apporter un éclairage approfondi sur l’évolution du droit du sport depuis 2006, les mécanismes de production de la loi et les perspectives d’avenir pour la régulation du sport en évoquant un mariage de raison entre loi et sport.
Pour le CROS Île-de-France, la participation à ce colloque s’inscrit pleinement dans sa mission d’accompagnement et de représentation du mouvement sportif régional.
À l’heure où le sport évolue dans un environnement réglementaire de plus en plus complexe, cette journée a rappelé l’importance de la veille juridique et institutionnelle pour anticiper les évolutions à venir et accompagner au mieux les structures sportives.
Vingt ans après la création du Code du sport, le colloque du Conseil d’État a ainsi confirmé que la réflexion sur les rapports entre le sport et la loi demeure plus que jamais nécessaire pour construire un modèle sportif à la fois performant, protecteur et adapté aux enjeux de demain.
Retrouvez l’intégralité du colloque en vidéo ici :
https://www.youtube.com/live/G4-vCGrYwyw?si=3nMkIKIkO5TLT8Xl

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